Eugène Ionesco (1909- ), né d'un père roumain et d'une mère d'origine française. Il a écrit des articles littéraires, des critiques dans différentes revues et divers ouvrages. Il a aussi été enseignant, et a préparé un doctorat sur le péché et la mort dans la poésie française depuis Baudelaire, qui ne sera jamais achevé.
Mon bref résumé :
Clichés d'une société anglaise et interprétation d'un langage insignifiant. Il n'y a pas d'histoire à cette pièce, si ce n'était : Qu'est-ce-que le langage?
Quatrième page de couverture :
Tout le monde la connaît. Peu peuvent l'expliquer. C'est ce que fait à merveille Emmanuel Jacquart, éditeur du Théâtre de Ionesco dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il commence par retracer l'historique, la genèse de la pièce, à partir de L'anglais sans peine de la méthode Assimil. Les répliques se sont naturellement assemblées, et l'ensemble a produit ce que l'auteur appelle une "anti-pièce", une vraie parodie de pièce, sans ambition idéologique particulière. Dans cet illustre chef-d'oeuvre, l'esprit de dérision prend le contre-pied de la tradition. Une série de sketches désopilants jusqu'au dénouement tonitruant et digne des surréalistes, telle est la pièce dont nous étudions les secrets en la replaçant dans la trdition de l'antitradition, de la modernité en évolution. C'est, désormais, dans un format élégant et maniable, la version de référence de La cantatrice chauve.
Avis personnel :
J'ai vraiment été très déçue par ce livre auquel je trouve peu d'intérêt ! J'adore Ionesco pour ses autres pièces telles que Les chaises, Rhinocéros ou encore La leçon qui m'ont vraiment plu. Mais alors La Cantatrice chauve m'a bien étonnée ! Je pensais avoir affaire à une cantatrice chauve à un moment ou un autre, mais non, il n'y en a pas ! On l'évoque deux fois seulement. Les personnages parlent et disent le contraire quelques instants plus tard. Je serai incapable d'en faire un résumé, tellement c'est absurde ! Il n'y a pas d'histoire, tout simplement. C'est une conversation qui n'a pas ou peu de sens. Justement, c'est voulu par l'auteur, mais je n'y prend pas goût ! On peut dire tout de même dire qu'il s'agit là d'un nouveau théâtre, qui donne naissance à des pièces sans héros, sans action, sans intrigue, avec en guise de dénouement la quasi-répétition du début. A relire, pour apprécier l'humour ! A lire tout de même !
Extrait :
-M.SMITH : Il y a une chose que je ne comprends pas. Pourquoi à la rubrique de l'état civil, dans le journal, donne-t-on toujours l'âge des personnes décédées et jamais celui des nouveau-nés? C'est un non-sens.
-MME SMITH : Je ne me le suis jamais demandé !
-M.SMITH : Tiens, c'est écrit que Bobby Watson est mort.
-MME SMITH : Mon Dieu, le pauvre, quand est-ce qu'il est mort?
-M.SMITH : Pourquoi prends-tu cet air étonné? Tu le savais bien. Il est mort il y a deux ans. Tu te rappelles, on a été à son enterrement, il y a un an et demi.
-MME SMITH : Bien sûr que je me rappelle. Je me suis rappelé tout de suite, mais je ne comprensd pas pourquoi toi-même tu as été si étonné de voir ça sur le journal.
-M.SMITH : Ca n'y était pas sur le journal. Il y a déjà trois ans qu'on a parlé de son décès. Je m'en suis souvenu par associations d'idées !
-MME SMITH : Dommage ! Il était si bien conservé.
-M.SMITH : C'était le plus joli cadavre de Grande-Bretagne ! Il ne paraissait pas son âge. Pauvre Bobby, il y avait quatre ans qu'il était mort et il était encore chaud. Un véritable cadavre vivant. Et comme il était gai !
-MME SMITH : La pauvre Bobby.
-M.SMITH : Tu veux dire "le" pauvre Bobby.
-MME SMITH : Non, c'est à sa femme que je pense. Elle s'appelait comme lui, Bobby, Bobby Watson. Comme ils avaient le même nom, on ne pouvait pas les distinguer l'un de l'autre quand on les voyait ensemble. Ce n'est qu'après sa mort à lui, qu'on a pu vraiment savoir qui était l'un et qui était l'autre. Pourtant, aujourd'hui encore, il y a des gens qui la confondent avec le mort et lui présentent des condoléances. Tu la connais?
-M.SMITH : Je ne l'ai vue qu'une fois, par hasard, à l'enterrement de Bobby.
-MME SMITH : Je ne l'ai jamais vue. Est-ce-qu'elle est belle?
-M.SMITH : Elle a des traits réguliers et pourtant on ne peut pas dire qu'elle est belle. Elle est trop grande et trop forte. Ses traits ne sont pas réguliers et pourtant on peut dire qu'elle est très belle. Elle est un peu trop petite et trop maigre. Elle est professeur de chant.
-MME SMITH : Et quand pensent-ils se marier, tous les deux?
