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19/ L'occupation, d'Annie Ernaux

19/ L'occupation, d'Annie Ernaux
Auteur :
Annie Ernaux a passé sa jeunesse en Normandie. Agrégée de lettres modernes, elle enseigne et vit actuellement dans le Val-d'Oise.

Mon bref résumé :
Une femme quitte son compagnon et apprend qu'il l'a remplacée. Elle devient jalouse et fait tout pour essayer d'en savoir plus et connaître des informations sur la personne qu'elle appelle "l'autre". Elle tente de l'imaginer et veut la retrouver. C'est une véritable occupation mentale, d'où le titre.

Quatrième page de couverture :
J'avais quitté W. Quelques mois après, il m'a annoncé qu'il allait vivre avec une femme, dont il a refusé de me dire le nom. A partir de ce moment, je suis tombée dans la jalousie. L'image et l'existence de l'autre femme n'ont cessé de m'obséder, comme si elle était entrée en moi. C'est cette occupation que je décris.

Avis personnel :
Pas mal. L'idée est bonne, la fin peut-être un peu trop brutale. A savoir aussi que parfois ce qui est dit est cru. Je reprocherais aussi la tendance d'Annie Ernaux à fabriquer de longues phrases, j'ai dû relire plusieurs fois certaines d'entre elles. Sinon j'aime bien ! Le sujet est intéressant, la fin aussi (une lettre de rupture pour tout effacer), je ne m'y attendais pas du tout et comme je l'ai dit au-dessus, elle arrive tout à coup à quelques pages de la fin ! Je ne sais pas si le récit est autobiographique, en tout cas, c'est réaliste et on voit à quel point nous pouvons être jalouses et naïves parfois... Une véritable obsession de savoir qui est la nouvelle compagne de son ex-petit-ami, mais aussi une sacrée souffrance et des regrets... Elle choisit d'écrire pour s'en sortir et continuer à vivre. A méditer !

Extrait(s) :
"Il me fallait à toute force connaître son nom et son prénom, son âge, sa profession, son adresse. Je découvrais que ces données retenues par la société pour définir l'identité d'un individu et qu'on prétend, à la légère, sans intérêt pour la connaissance véritable de la personne étaient, au contraire, primordiales. Elles seules allaient me permettre d'extraire de la masse indifférenciée de toutes les femmes un type physique et social, de me représenter un corps, un mode de vie, d'élaborer l'image d'un personnage. Et dès lors qu'il m'a dit, avec réticence, qu'elle avait quarante-sept ans, qu'elle était enseignante, divorcée avec une fille de seize ans et qu'elle habitait avenue Rapp, dans le VIIe, a surgi une silhouette en tailleur strict et chemisier, brushing impeccable, préparant ses cours à un bureau dans la pénombre d'un appartement bourgeois."
# Posté le samedi 24 mars 2007 08:38
Modifié le vendredi 19 juin 2009 06:14

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